Humanité ? Jungle de Dunkerque – décembre 2015

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Dunkerke: cela pourrait être le synonyme de vacances au bord de la mer, de châteaux de sable. Cela pourrait être et ce n’est pas…

Preuve avec cette video

Quand on regarde dans un dictionnaire, « jungle » a comme définition « incarnation de l’humanité invivable »… Dunkerque n’est qu’à quelques kilomètres de Bruxelles, Grande-Synthe avec ses petits pavillons, ses rues propres et puis… dans une zone « écologique », un no man’s lans, un camp.

Boue qui colle aux chaussures, immondices, humidité, précarité pour des milliers de migrants – Afghans, Irakiens, Syriens, Vietnamiens -, des tentes déchirées, des abris de fortune pour une misère sans nom. Des associations et des volontaires – Français, Belges, Britanniques – qui se démènent avec la ferme volonté d’offrir vaille que vaille un semblant d’humanité à qui n’est et ne sera qu’une décharge à ciel ouvert et où souvent, les passeurs font régner leur loi, celle effectivement de la jungle.

Autre monde où passé le semblant de barrière, à à peine quelques mètres, nous avons l’impression que non seulement l’Europe est bien loin mais que l’Enfer de Dante n’est pas qu’une métaphore.

Tous espèrent une chose: l’Eldorado espérés en Angleterre mais en attendant…

En mars 2016, un camp aux normes humanitaires internationales, géré par MSF, accueillera les migrants dans des conditions plus dignes.

Tant de choses ont été dites par les médias, sur les réseaux sociaux,… Une honte qui a été relayée, répétée mais pas encore assez. Des chiffres sur le nombre d’enfants, – trop -, des faits, sur les infections pulmonaires et respiratoires, la colère des humas face à l’intenable, … Je ne les répéterai pas.

Une tente avec une famille avec 4 très jeunes enfants, le père, ancien peshmerga, m’invite à les prendre en photo: redressant l’un, recoiffant l’autre, tentant de faire rire la petite dernière. Une mère qui fait poser sa toute petite fille, princesse immaculée dans un campement de fortune mais impeccablement rangé. 15 jours après, je reviens donner les photos à la famille, l’enfant était brûlée au visage – conséquence du feu de camp qui leur sert de cuisine -. La famille m’a invitée a déjeuner avec elle.

Pour des raisons notamment administratives, certaines personnes refusaient de se faire prendre en photo et il est évident que cette volonté a été strictement respectée. Mais, alors que j’expliquais ma démarche de témoignage à un groupe, un homme m’a interpellée avec ces termes: Merci pour votre travail mais ne prenez pas nos visages, ne prenez pas davantage de photos, c’est tellement triste ici.

Les photos ne rendent pas compte de tout: de l’odeur, infecte, du froid, de cette boue qui colle et arrache les chaussures. Elles ne disent pas les journées qui n’en finissent pas de s’écouler, la tempête de janvier qui a a tout détruit.La dernière image retenue, c’est ce père venant du Kurdistan irakien, avec deux très jeunes enfants, toussant à fendre l’âme, nourrissant le maigre feu sur lequel chauffe la théière.

A travers les arbres, on devinait le grand panneau, celle de l’enseigne qui promet A fond la forme

PS. Certains s’étonneront des photos d’enfants, aucune n’a été volée à l’insu des parents. Au contraire, c’est eux qui me me les ont présentés. Chaque famille a reçu par la suite le tirage papier de celles-ci.

Photos prises avec Nikon D600

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